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La Vierge dans l'Art
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L’arbre de Jessé : un arbre généalogique de Jésus ?

Origine de l'arbre de Jessé.

Les représentations de l'arbre de Jessé remontent à la fin du XI° siècle et son développement réel ne se produisit que quelques décennies plus tard[1].

 

L'arbre de Jessé est l'Ecriture sainte.

Certaines représentations remontent jusqu'à Jessé seulement (prophétie d'Isaïe 11). Car il est écrit :

« Un rejeton sortira de la souche de Jessé, un surgeon poussera de ses racines.  Sur lui reposera l'Esprit de YHWH, esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de YHWH. » (Isaïe 11, 1-2).

Et les pères de l'Eglise appliquent cette prophétie au Christ[2]. Pour saint Bernard, le surgeon de Jessé est la Vierge Marie, et la fleur est Jésus : « Virga jesse floruit, Virgo deum genuit ».

 

Certaines représentations remontent jusqu'en Adam comme la généalogie de l'évangile de Luc). C'est une manière de dire que Jésus est le nouvel Adam, rédempteur de tous les hommes.

C'est le cas sur la façade du dôme d'Orvieto (Italie). Ce type de représentation est rare en Occident, fréquent en Orient.

 

Certaines représentations remontent jusqu'à Abraham (généalogie de l'évangile de Matthieu). Ce type de représentation est rare en Occident, fréquent en Orient.

Certaines représentations, tout en commençant à Jessé, s'inspirent beaucoup de l'évangile de Matthieu. Rappelons que la généalogie de Matthieu a trois périodes :

- d'Abraham à David quatorze générations;

- de David à la déportation à Babylone quatorze générations;

- de la déportation au Babylone au Christ quatorze générations.

La famille royale de David, dont Jessé est l'ancêtre, revêt donc une grande importance, à la charnière entre la 1° et la 2° période. La lignée de David sombre dans l'abîme de l'humiliation avec la déportation à Babylone, où son histoire finit. Dans la troisième période, il y n'a ni roi, ni patriarches, mais un crescendo imprévisible conduit à l'intervention la plus extraordinaire de Dieu : la génération de Jésus, le Christ, de la Vierge Marie.

 

Cependant, quelles que soient les représentations, le nombre de rois est toujours très inférieur au nombre des générations évoquées par Matthieu ou par Luc.

De plus, la place essentielle accordée à Marie, et non pas à Joseph, est moins conforme aux évangiles qu'aux réflexions théologiques.

La représentation de l'arbre de Jessé n'a pas pour but de représenter les généalogies de Luc ou de Matthieu.

 

L'arbre de Jessé : un arbre généalogique de Jésus ?

Au Moyen-âge, les lignées de roi, ou les tableaux montrant les liens de consanguinité ne s'appelaient pas « arbre » généalogique, ils avaient une forme rectangulaire, triangulaire, circulaire, etc. Ils n'étaient pas toujours décorés de motifs végétaux, et, quand il y avait quelques palmes ou quelques fleurs, cela ne faisait pas un arbre. En outre, les ancêtres étaient figurés au sommet, et leur descendance formait une base qui allait en s'élargissant. Autrement dit, la représentation de l'arbre de Jessé ne s'inspirait pas du tout des représentations généalogiques de l'époque[3].

 

L'arbre de Jessé n'est donc pas d'abord un arbre généalogique, c'est une représentation dont la signification est plus profonde.

Si on rapproche l'image des textes théologiques anciens, le fait que l'arbre de Jessé représente un arbre à la végétation luxuriante surmonté du Christ évoque « l'idée de l'arbre de vie, du Christ, de la croix, de l'Eglise, celle de la vie spirituelle et du salut »[4].

 


[1] Anita Gerreau-Jalabert, « L'arbre de Jessé et l'ordre chrétien de la parenté », dans Marie, le culte de la Vierge dans la société médiévale, Beauchêne, Paris 1996, pp. 138-170, p. 138

[2] Tertullien De carne christi 21, 5 ; saint Jérôme, Contra Iovinianum, LI, n° 26

[3] Anita Gerreau-Jalabert, Ibid., p. 149-153

[4] Anita Gerreau-Jalabert, Ibid., p. 155

Synthèse F. Breynaert

 

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