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Marie remplit le monde
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Marie et les Eglises chrétiennes de Terre Sainte

Jésus.

Jésus dit : « je suis la vigne véritable et mon père est le vigneron... » (Jn 15, 1) et Jésus nous compare aux sarments. Ceux et celles qui sont unis à Jésus, incorporés à Jésus, forment l'Eglise.

L'Eglise est donc née de Jésus, en Terre Sainte.

C'est pourquoi l'Eglise de Jérusalem est appelée l'Eglise mère.

 

Dès le début, l'Eglise rassemble des juifs et des païens.

Les premiers disciples étaient juifs. La première Eglise de Jérusalem était donc judéo-chrétienne. Son premier chef a été Jacques, frère de Jésus, martyrisé en l'année 62.

Mais l'Eglise n'est pas restée uniquement judéo-chrétienne : très vite des Grecs, des païens, sont entrés dans l'Eglise, notamment à Antioche.

Saint Pierre témoigne avec stupeur que Dieu donnait l'Esprit Saint aux païens (Ac 10, 44).

Saint Paul s'émerveille de voir que le Christ a détruit le mur qui séparait les juifs et les païens. Oui, dit Paul, Jésus est devenu la « pierre d'angle » qui rassemble les hommes dans la même construction, dans la même Eglise (Eph 2, 20).

 

Dès l'origine, Marie est source d'unité.

Une telle unité est merveilleuse. Et Marie a joué un rôle dans cette unité.

Saint Jean le sait : Jésus meurt pour rassembler dans l'unité les fils de Dieu dispersés (Jn 11, 52). Or, selon les prophètes, cette unité devait se faire au temple et en Sion. Et Jean sait que Jésus est le nouveau temple, et la mère de Jésus est la nouvelle Sion. Les fils de Dieu sont rassemblés en Marie, ils sont unis en Christ. Saint Jean se souvient aussi de ce qu'il a vu au calvaire : au moment où Jésus donnait sa mère au disciple, la tunique sans couture n'était pas déchirée, signe de l'unité de l'Eglise (Jn 19, 23-27).

Dès l'origine, Marie est gardienne de l'unité.

 

Les premiers patriarcats.

Après la mort de Jacques le frère de Jésus, et à cause de la persécution en Judée, le premier centre chrétien fut Antioche, et ce fut aussi le premier « patriarcat ».

Plus tard, l'Église de Jérusalem fut détachée d'Antioche et proclamée patriarcat en l'an 451.

 

Il y a eu très rapidement trois autres « patriarcats ». Et, dans l'ordre hiérarchique il faut nommer d'abord l'Eglise de Rome, fondée par Pierre et Paul ; puis le patriarcat de Constantinople (qui possède les reliques de l'apôtre saint André), puis celui d'Alexandrie (lié à saint Marc), puis celui d'Antioche et enfin celui de Jérusalem.

 

Actuellement en Terre Sainte.

Toutes les Eglises ont voulu avoir leurs liturgies et des accueils de pèlerins sur les lieux saints, c'est bien compréhensible.

C'est pourquoi, en Terre Sainte, en plus des chrétiens du patriarcat de Jérusalem, il y a des chrétiens rattachés au patriarcat de Constantinople, ou au patriarcat d'Antioche (qui en fait a son siège à Damas et une juridiction jusqu'en Iraq et en Iran) et il y a des Coptes rattachés au patriarcat d'Alexandrie, et des Ethiopiens dont la liturgie est dérivée de la liturgie copte.

Il y a toujours eu aussi un nombre important de chrétiens arméniens : l'Eglise arménienne est directement issue de l'Eglise de Terre Sainte, elle s'est séparée de Césarée pour des raisons politiques en l'an 374 ; elle a alors opté pour la langue arménienne. Ils ont à Jérusalem un patriarcat et un quartier dans la vieille ville.

Depuis le temps des croisades, il y a aussi des chrétiens rattachés à l'Eglise de Rome, par le patriarcat latin de Jérusalem. Parmi eux, les franciscains (« la custodie ») ont la garde de nombreux lieux saints

Sont aussi présents des chrétiens réformés ou anglicans. On peut aussi rencontrer quelques maronites venus du Liban, ou quelques chrétiens rattachés aux patriarcats formés au XX° siècle, aux églises orthodoxes autonomes ou autocéphales : tous désirent célébrer sur les lieux saints et recevoir leurs pèlerins.

Ajoutons que depuis le retour des juifs sur leur terre au XX° siècle, il y a davantage de judéo-chrétiens ; ils se partagent dans les différentes confessions chrétiennes.

 

D'un point de vue marial.

Toutes les Eglises font mémoire de Marie pendant l'Eucharistie.

Toutes les Eglises honorent Marie pendant le temps de l'Avent (avant Noël), fêtent l'Annonciation (25 mars).

Presque toutes les Eglises fêtent la naissance de Marie (8 septembre) et la Présentation de Jésus au temple (2 février) et l'Assomption ou Dormition (15 août).

Chaque Eglise a aussi ses traditions particulières :

  • Les Coptes ont un très grand nombre de fêtes mariales, plus d'une par mois.

  • Les Chaldéens (patriarcat d'Antioche) et les Maronites fêtent Notre Dame des semences, c'est une fête agricole, mariale, et eucharistique (15 mai).

  • Les Byzantins honorent la mère de Dieu par des icônes, ils commencent l'année liturgique le 1° septembre par une fête qui célèbre Marie mère de Dieu et intercède pour la protection de l'environnement.

  • Les Latins aiment définir dogmatiquement ceux que les orientaux préfèrent chanter. Les latins ont, en plus des solennités principales, des fêtes telles que  la Visitation (31 mai), et un grand nombre de mémoires liturgiques telles que Notre Dame de Fatima (13 mai), Marie reine (22 août), Notre Dame des douleurs (15 septembre), Notre Dame de Guadalupe (12 décembre).

  • Les Maronites ont des points communs avec les Latins et ils ont d'autres particularités comme par exemple, en plus de l'Annonciation à Marie le 25 mars, un dimanche pour célébrer l'Annonciation à Joseph.

 

Il y a donc une grande variété de sensibilités et de rites liturgiques en Terre sainte. Et c'est une richesse.

« Les Églises particulières à l'intérieur de l'Église universelle manifestent le dynamisme de leur pèlerinage terrestre et offrent à tous les membres de la communauté des croyants un trésor de traditions spirituelles, liturgiques et ecclésiales qui fait ressortir la bonté universelle de Dieu et son désir, vérifié à travers l'histoire, de les introduire tous dans sa vie divine. »[1]

 


[1] Homélie de Benoît XVI, Cathédrale grecque-melkite catholique Saint-Georges - Amman, samedi 9 mai 2009

Françoise Breynaert

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