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Marie dans le Judaïsme, l'Islam et les autres religions
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La Résurrection et l’accomplissement du plan Créateur (Benoît XVI)

Résumé :

Durant la veillée pascale, nous lisons les récits de la création (Genèse).

Benoît XVI explique d'abord que notre relation à Dieu implique aussi notre relation à la création.

Après le péché originel qui a tout obscurci, la Résurrection du Christ rétablit l'homme dans sa grandeur : la Résurrection constitue un nouveau "premier jour de la création" qui accomplit le dessein Créateur.

La Genèse raconte la création en 7 jours. Le Shabbat est le septième jour, jour de repos après le travail, expression de l'Alliance. Mais pour les chrétiens, le sommet de la semaine est désormais le Dimanche, premier jour, jour de la nouvelle création.

 

« Le cheminement sur les routes de la Sainte Ecriture commence, durant la Veillée Pascale, par le récit de la création. [...]

Le rayon de l'histoire que Dieu a fondé parvient jusqu'aux origines, jusqu'à la création.

Notre profession de foi commence par les paroles: «Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre». Si nous omettons ce commencement du Credo, l'histoire du salut tout entière devient trop réduite et trop petite. [...]

C'est pourquoi Dieu nous concerne comme Créateur et c'est pour cela que nous avons une responsabilité envers la création. [...]

 

[Qu'est-ce qui est au commencement ? ]

Dans les premières paroles de son Evangile, saint Jean a résumé la signification essentielle de ce récit en cette unique phrase: «Au commencement était le Verbe». En effet, le récit de la création que nous venons d'écouter est caractérisé par la phrase qui revient régulièrement: «Dieu dit...». [...]

Il n'est pas exact que dans l'univers en expansion, à la fin, dans un petit coin quelconque du cosmos se forma aussi, par hasard, une certaine espèce d'être vivant, capable de raisonner et de tenter de trouver dans la création une raison ou de l'avoir en elle. Si l'homme était seulement un tel produit accidentel de l'évolution en quelque lieu à la marge de l'univers, alors sa vie serait privée de sens ou même un trouble de la nature. Non, au contraire: la raison est au commencement, la Raison créatrice, divine.

 

[La possibilité de la chute et du salut :]

Et puisqu'elle est Raison, elle a créé aussi la liberté; et puisqu'on peut faire de la liberté un usage indu, il existe aussi ce qui est contraire à la création. C'est pourquoi une épaisse ligne obscure s'étend, pour ainsi dire, à travers la structure de l'univers et à travers la nature de l'homme.

Mais malgré cette contradiction, la création comme telle demeure bonne, la vie demeure bonne, parce qu'à l'origine il y a la Raison bonne, l'amour créateur de Dieu.

C'est pourquoi le monde peut être sauvé. C'est pour cela que nous pouvons et nous devons nous mettre du côté de la raison, de la liberté et de l'amour - du côté de Dieu qui nous aime tellement qu'il a souffert pour nous, afin que de sa mort puisse surgir une vie nouvelle, définitive, guérie.

 

[Le Shabbat, 7° jour de la semaine]

[Le récit de Genèse 1] a structuré le processus de la création dans le cadre d'une semaine qui va vers le samedi, y trouvant son achèvement. Pour Israël, le samedi était le jour où tous pouvaient participer au repos de Dieu. [...]

Ainsi le samedi était une expression de l'alliance entre Dieu et l'homme et la création. [...]

Dieu a fait le monde pour qu'il y ait un lieu où il puisse communiquer son amour et d'où la réponse d'amour lui retourne. Devant Dieu, le cœur de l'homme qui lui répond est plus grand et plus important que l'immense cosmos matériel tout entier qui, certainement, nous laisse entrevoir quelque chose de la grandeur de Dieu. [...]

 

[Du Shabbat au Dimanche, jour de la nouvelle création:]

Mais dans l'Eglise naissante, quelque chose d'inouï s'est produit : à la place du samedi, du septième jour, vient le premier jour. Comme jour de l'assemblée liturgique, il est le jour de la rencontre avec Dieu par Jésus Christ qui, le premier jour, le dimanche, a rencontré les siens en tant que Ressuscité, après que ceux-ci eurent trouvé le tombeau vide.

La structure de la semaine est maintenant renversée. Elle n'est plus dirigée vers le septième jour, pour y participer au repos de Dieu. Elle commence par le premier jour comme jour de la rencontre avec le Ressuscité.

Si nous nous rappelons que le parcours depuis le travail jusqu'au jour du repos correspond aussi à une logique naturelle, le caractère dramatique de ce tournant devient encore plus évident. Ce processus révolutionnaire, qui s'est vérifié tout de suite au début du développement de l'Eglise, n'est explicable que par le fait qu'en ce jour quelque chose d'inouï était arrivé. [...]

Le premier jour, selon le récit de la Genèse, est le jour où commence la création.

À présent il était devenu d'une façon nouvelle le jour de la création, il était devenu le jour de la nouvelle création. Nous célébrons le premier jour.

 

[Le premier jour de la semaine, jour de la résurrection]

Ainsi nous célébrons Dieu, le Créateur, et sa création.

Oui, je crois en Dieu, Créateur du ciel et de la terre.

Et nous célébrons le Dieu qui s'est fait homme, a souffert, est mort et a été enseveli et est ressuscité.

Nous célébrons la victoire définitive du Créateur et de sa création.

Nous célébrons ce jour comme origine et, en même temps, comme but de notre vie.

Nous le célébrons parce qu'à présent, grâce au Ressuscité, il s'avère de façon définitive que la raison est plus forte que l'irrationalité, la vérité plus forte que le mensonge, l'amour plus fort que la mort.

Nous célébrons le premier jour parce que nous savons que la ligne obscure qui traverse la création ne demeure pas pour toujours.

Nous le célébrons, parce que nous savons que maintenant ce qui est dit à la fin du récit de la création est valable définitivement :

«Dieu vit tout ce qu'il avait fait: c'était très bon» (Gn 1, 31).

Amen.

 


Extraits de Benoît XVI, homélie de la veillée pascale, 23 avril 2011

 

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