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Marie dans le Judaïsme, l'Islam et les autres religions
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Marie dans l'Eglise de langue hébraïque

L'Eglise de langue hébraїque

 

Qu'est cette Eglise de langue hébraïque représente actuellement en Israël ?

Une petite Eglise, d'origines très diverses qui comprend :

a) des juifs devenus chrétiens,

b) les conjoints de juifs ayant émigré en Israël (d'Europe de l'Est surtout),

c) des chrétiens vivant en milieu juif, venus de partout, parlant hébreu, se sentant solidaires avec le pays, chacun ayant connu des manières diverses de vivre le christianisme selon son pays d'origine.

 

Le seul point commun c'est l'appartenance à l'Eglise catholique et la langue hébraїque, le désir de vivre leur foi en solidarité avec les personnes, avec les valeurs du pays (cela malgré les difficultés rencontrées).

 

Les chrétiens sont regroupés en divers centres (ou Foyers) : Jérusalem, Jaffa, Haїfa, Beersheva, dépendant de l'œuvre St Jacques, fondée il y a 34 ans pour répondre à ce besoin particulier. Ils ont des pasteurs nommés par le Patriarche Latin de Jérusalem, et même depuis peu un vicaire épiscopal chargé de l'ensemble de ces «Foyers», un bénédictin de l'abbaye d' Abu Gosh.

Leur liturgie est en hébreu.

 

Cette Eglise, peu nombreuse, minoritaire, a une forte conscience de son caractère unique et de la richesse du patrimoine qu'elle peut apporter (ou rappeler) à l'Eglise. Elle se voit comme l'héritière de l'Eglise primitive de Jérusalem, celle du Mt Sion regroupée autour de l'apôtre Jacques et des «frères de Jésus» ; ayant pour mission de rappeler l'origine juive de l'Eglise originelle, certaines valeurs venues du judaïsme, que l'accession en foule des «paїens» à l'Eglise a en quelque sorte submergées... avec la conscience que l'Eglise du Christ a une double composante : «ex gentibus» et «ex circumcisione».

Pour une telle Eglise, l'image de Marie sera donc à la fois très proche de son origine juive  incarnée et en même temps assez diversifie.

 

1) Marie et Myriam

Marie est celle en qui se retrouvent les vertus, les «gestes» des grandes femmes de foi de la Bible (nos «Mères»... et leurs «mérites »), Sarah, Rebecca, Rahab, Ruth, et surtout Myriam, sœur de Moїse. Des femmes étonnamment responsables, actives, pleines d'initiative, engagées dans l'histoire et «moteurs» même dans le plan de salut de Dieu (qu'elles peuvent orienter... cf. Rebecca), des femmes porteuses de vie, orientées vers la vie et l'espérance, attendant l'accomplissement des promesses, la venue des temps messianiques (chaque femme... aspirant à devenir mère du Messie).

 

Une religieuse en Israël disait : «Si je devais représenter Marie... je la représenterais comme Myriam sœur de Moїse, dansant et chantant après le passage de la Mer ». Par cette intuition, elle rejoint certaines remarques du P. Roger Le Déaut[2] : Comme Myriam, Marie est la femme aux cotés du Libérateur :

- qui chante le salut de Dieu

- qui prophétise (selon la tradition juive, Myriam est prophète)

- qui est liée au don de l'eau vive (le «puits» de Myriam)

- qui est liée aux temps messianiques

 

De même que certains Evangiles soulignent le parallèle Moise / Jésus (cf. Jean surtout), il serait bon d'approfondir le parallèle Myriam / Marie, à la lumière de la tradition juive.

 

Certainement, dans cette ligne, le Chant du Magnificat est important - Marie, comme Myriam, chante, danse, et prophétise le salut advenu pour toute l'humanité (par pure miséricorde - cf. Ep 2) ; pour Israël (par fidélité aux Promesses... « Il se souvient de la Promesse faite à Abraham...»).

«Quand Marie déclare que Dieu s'est souvenu de sa miséricorde en faveur d'Abraham et de sa descendance à jamais, elle récapitule toute l'histoire du salut, commencée au jardin d'Eden et qui, de promesse en promesse, aboutit à Jésus qui sera une bénédiction, non seulement pour son peuple, mais pour toutes les nations. Toute l'espérance d'Israël, toute l'espérance du monde, ont pris chair dans le sein de cette jeune fille »[3].

 

2) Le peuple des croyants en marche, annonce de Marie

Marie est une jeune fille qui vivait sa foi intensément comme la vivaient tant d'autres juifs de son temps ; la première du peuple des croyants en Jésus, qui reprend et incarne la réponse de tout l'Israël fidèle : «Me voici»... «je suis la servante...»

Celle en qui la Parole (méditée, aimée, mise en pratique) se fait proche au point de s'incarner - la mère du Verbe.

 

3) Marie lien entre l'Ancienne et la nouvelle Alliance

Marie n'a jamais envisagé de se séparer du peuple dont elle venait. En même temps, elle a épousé la nouveauté de l'Evangile, c'est-à-dire la nouveauté de l'Esprit qui est vraiment son Epoux, en poursuivant le même chemin qui l'avait amenée jusque là. Elle doit être l'idéal, la sœur aînée à contempler pour retrouver le sens de cette continuité dans la nouveauté de l'Alliance. Marie fait le lien entre les deux temps de salut, c'est un lien de maternité... qui perdure, car l'accomplissement des Ecritures est à la fois réalisé et encore en cours... « il se déploie dans le temps du salut. »[4]

 

4) Marie, Fille de Sion

Cette image est chère au cœur de l'Eglise qui vit à Jérusalem.. Ce titre est donné pour la première fois dans un document officiel de l'Eglise en Lumen Gentium n°55, et repris ensuite par le Pape Jean Paul II plusieurs fois en Redemptoris Mater.

«Fille de Sion», l'expression a plusieurs sens dans la tradition biblique. Selon la langue hébraïque : celle que Sion a enfantée ; celle qui habite cette ville ; celle qui personnifie le dessein de Dieu sur Sion = Jérusalem = tout Israël.

 

Des exégètes comme André Feuillet, René Laurentin et d'autres ont bien montré comment, dans les récits de l'Enfance de saint Luc, Marie est présentée à mots couverts comme une sorte d'incarnation de la Fille de Sion, à l'Annonciation... à la Visitation... à Cana... etc...

 

On pourrait mentionner là aussi l'image de la Femme de l'Apocalypse 12,

qui reprend en un sens les promesses de Gn 3,15,

mais qui est aussi clairement l'image de Sion (Ap 12,17) le peuple d'Israël qui enfante le Messie,

en même temps que l'image de Marie sans doute

et l'image de l'Eglise.

 

Marie est vue aussi comme fille de son peuple, «Fille de Sion» (cf. Lamentations) dans son martyre, sa souffrance auprès du Serviteur souffrant... qui la rend très proche de tant de mères en Israël (avant et après J.C.) qui, comme Rachel, «pleurent leurs enfants et ne veulent pas être consolées» (Mt 2,18).

Tout comme bien des théologiens et mystiques reconnaissent dans l'extrême souffrance du peuple juif (pensons aux événements de la seconde Guerre mondiale) un lien mystérieux avec la Passion du Christ...

Marie, Fille de Sion, dans sa souffrance au pied de la Croix est comme solidaire de toutes les mères juives en Israël (comme Rachel pleurant...)

Mais cette souffrance est vécue dans la foi et l'espérance. «La flamme de la foi ne s'éteint pas dans le cœur de la Mère de Jésus. Dans les ténèbres qui recouvrent la terre le soir du Grand Vendredi, elle est la lumière qui veille et qui ne vacille pas avant que ne brille le soleil de la Résurrection.

En elle se concentre en cette heure, toute « espérance d'Israël en même temps que la foi naissante de l'Eglise du Christ. Elle est vraiment et pleinement la Fille de Sion...».

 

Conclusion

Le fait de vivre en milieu juif, d'être nourri de la Bible dans ce pays, de vivre les fêtes, la liturgie juive, de partager les peines, les joies, les espérances de ce peuple très concret influe sur l'image de Marie et permet de mieux comprendre le réalisme de l'Incarnation.

Le P.Jean Stern écrit : «L'existence du peuple juif perpétue à travers les temps le lien de l'Incarnation du Verbe et, partant, l'ancrage qui empêche l'Eglise d'être emportée par la dérive idéologique»[5]

L'Eglise  qui vit au sein de ce peuple, en osmose avec lui, et sur le lieu même de l'Incarnation, a une image de Marie très simple, intuitive,  biblique, proche  de l'Ecriture.

Il est difficile en Israël de parler de Marie comme «Mère de Dieu» (et cela aussi en pays musulman)... ce qui ne veut pas dire que l'on n'accepte pas le fait  que Marie est Mère de Jésus, Fils de Dieu, mais on traduira plutôt dans la liturgie par «Mère de Jésus Emmanuel...» ou d'autre formes.

 

 


[1] GEFTMAN R, Guetteurs d'aurore, éd. Du Cerf, 1985, p.209

[2] article de Biblica, vol. 45 - 1964 intitulé : «Miryam, sœur de Moїse et Marie, mère du Messie»

[3] Ibid., p. 199-201

[4] DE GOEDT M., Marie, éducatrice des croyants dans le passage permanent des Ecritures à leur accomplissement - dans «Actes d'un Congrès de la Société française d'études mariales», 46e session, 1989.

[5] STERN J., Le Verus Israel et l'Israel du Magnificat, in «Marian Library Studies», vol. 17.23, Mater Fidei et Fidelium.

 


 

Mireille GILLES,

Extraits de Mireille GILLES, Eglise hébraïque, image de Marie, dans 9e symposium internazionale mariologico, La spiritualità mariana, legittimità, natura, articolazione, edizione Marianum Roma 1994, pp. 261.169

 

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